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Sénégal: nouvelles mesures pour protéger les enfants de la rue

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Sénégal Garçon de Ruepar HRW

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La récente initiative du gouvernement sénégalais visant à retirer de la rue les enfants y compris ceux qui sont forcés de mendier par leurs maîtres coraniques constitue une étape importante dans la réforme d’un système d’exploitation profondément enraciné dans les habitudes, ont déclaré aujourd’hui Human Rights Watch et la Plateforme pour la promotion et la protection des droits de l’homme (PPDH), une coalition de 40 organisations sénégalaises spécialisées dans la défense des droits de l’enfant. Ces organisations ont exhorté les autorités à maintenir l’élan de ce mouvement en ouvrant des enquêtes et en engageant des poursuites judiciaires à l’encontre des maîtres coraniques et d’autres personnes qui commettent ces types de violations graves des droits de l’enfant.

 

Lors des six premiers mois de l’année 2016, au moins cinq enfants qui vivaient dans des écoles coraniques résidentielles sont morts, prétendument après avoir été battus par leurs maîtres, aussi connus sous le nom de marabouts, ou dans des accidents de la circulation alors qu’ils étaient contraints à mendier. En 2015 et en 2016, des dizaines de ces enfants, appelés talibés, ont également été sévèrement battus, enchaînés et victimes d’abus sexuels ou d’agressions violentes alors qu’ils mendiaient. Ces décès et les autres abus commis mettent en lumière combien il est urgent que le gouvernement sénégalais punisse les personnes responsables d’abus et réglemente les écoles coraniques traditionnelles, appelées daaras.

 

Le 30 juin 2016, le président de la République du Sénégal, Macky Sall, a ordonné que tous les enfants des rues soient retirés de la rue, placés dans des centres d’acceuil, puis rendus à leurs parents. Quiconque les forcerait à mendier serait passible d’une amende ou d’une peine de prison, a-t-il averti. À la mi-juillet, les autorités avaient retiré plus de 300 enfants – dont de nombreux enfants talibés et des talibés qui avaient fui – des rues de Dakar. Selon des activistes et des médias locaux, plusieurs autres régions ont également commencé à appliquer cette initiative, que les autorités prévoient d’étendre à tout le pays.

 

Bien que le nombre d’arrestations de maîtres abusifs ait légèrement augmenté au cours de l’année écoulée, le Sénégal n’a porté devant les tribunaux qu’un petit nombre d’affaires, pour la plupart relatives à des décès ou à des formes d’abus les plus extrêmes; la pratique de la mendicité forcée des enfants ne fait presque jamais l’objet de poursuites judiciaires. Human Rights Watch et la PPDH ont également noté l’existence d’un besoin urgent de services juridiques d’accès facile pour aider les enfants talibés devenues victimes à obtenir justice.

 

« Les talibés ont souffert d’abus et ont été exposés à des dangers qu’aucun enfant ne devrait avoir à affronter », a déclaré Corinne Dufka, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch. « Bien que les récentes mesures prises par le gouvernement soient louables, retirer les talibés des rues ne conduira pas à des changements sur le long terme si les écoles coraniques ne sont pas réglementées et si les maîtres qui ont commis des abus ne sont pas amenés à rendre des comptes. »

 

 

pour savoir plus

 

 

 

 

 

 

 

 

(3 agosto 2016)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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